Sanary-sur-Mer, le 17 octobre 2008
Madame la Directrice,
Je vous écris au sujet de l’article paru aujourd’hui dans Var Matin intitulé « Trois postes pour le retour de la certification ‘Iso 9001’ ». Je ne vous cache pas mon étonnement quant au fait que quelqu’un de votre dimension intellectuelle et professionnelle puisse cautionner de tels propos dans le journal dont il dirige la rédaction.
Tout d’abord, Monsieur Pasquini Michel déroge à toutes les règles fondamentales d’une presse indépendante et objective. Ses prises de positions et jugements de valeur incongrus sont évidents. Il parle par exemple de « terrain…de jeu ». Monsieur Pasquini fait ici référence à des choses qu’il ne connaît vraisemblablement pas. À quel titre se permet-il d’ironiser le travail de l’opposition, qui est une action consciencieuse et difficile ? Je l’invite à se rapprocher des élus de l’opposition et de s’intéresser un peu à leur travail de fond afin d’élargir ses connaissances dans ce domaine. En outre, dans un souci d’objectivité, pourquoi Monsieur Pasquini ne précise-t-il pas au sujet des ex-votos que, lors de l’avant-dernier conseil municipal, Monsieur le Maire avait déjà présenté une délibération de 11 d’entre-eux et avait tourné un conseiller d’opposition en dérision, qui lui précisait qu’il y en avait en réalité 12 ? Le 15 octobre, les élus ont donc dû revoter pour les fameux 12 ex-votos. Une autre marque de subjectivité de votre journaliste se trouve dans la phrase suivante : « les conseillers municipaux deviennent une véritable gabegie, une scène de théâtre grotesque dont personne ne veut, des joutes qui n’intéressent que les auteurs… ». Je passe outre les nombreux jugements de valeur qui n’ont pas leur place dans la presse libre. Mais, sauf erreur de ma part, Monsieur Pasquini n’a pas mené de sondage pour savoir ce qui intéresse ou non le public. De quel droit se substitue-t-il à l’ensemble des administrés ?
J’en viens, Madame la Directrice, au point essentiel de mon courrier. Si je n’ai pas de cours de journalisme à donner à Monsieur Pasquini, en revanche, je pense que ce dernier aurait sérieusement besoin de se pencher à nouveau sur ses cours d’histoire ! Je suppose qu’il n’a pas utilisé innocemment la formulation : « Plus jamais ça ». Il doit savoir que ce « Nie wieder ! Plus jamais cela » a été utilisé pour qualifier la Shoah, partant du principe que des crimes d’une telle dimension n’avaient jamais eu lieu et que les massacres devaient servir d’exemple pour les générations futures. Une leçon de l’Histoire entraînant naturellement le devoir de mémoire. Je comprends donc le parallèle qui est fait avec le voyage organisé par la municipalité. Cependant, cette expression est répétée à deux reprises, et il apparaît très clairement qu’elle est associée aux conseillers municipaux d’opposition. Si Monsieur Pasquini a voulu faire du style et de l’humour, je reprendrais simplement ses propres termes : « [ça ne fait] rire personne ! ». Surtout que, ceci rajouté à la phrase « a ouvertement critiqué le voyage organisé par la commune dernièrement, dans les camps d’Auschwitz-Birkenau », l’effet est pour le moins ambigu. En outre cette information est fausse : ce n’est pas le voyage qui a été critiqué, mais le fait qu’une délibération qui présente en séjour pour – je cite – des « enfants » n’en compte qu’un tiers. N’est-ce pas légitime de poser la question ? Ou Monsieur le Maire peut-il dépenser l’argent des contribuables à sa guise sous couvert du devoir de mémoire ?
Madame la Directrice, je pense qu’il serait de bon ton que Monsieur Pasquini utilise ses « talents » de pamphlétaire pour rédiger des excuses publiques auprès de Messieurs Didier Tourancheau et Olivier Thomas – qu’il ne nomme même pas – dans une prochaine édition de Var Matin. J’espère sincèrement que vous saurez appuyer ma demande auprès de lui.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, Madame la Directrice, l’expression de mes salutations distinguées.
Laurence Pellegrini
Vice-présidente de l’Association de Défense des Sanaryens
Doctorante en Études Germaniques – histoire et politique franco-allemande