Quel beau spectacle, à la vue des promeneurs, sédentaires, vacanciers, qui traversent le pont sur la Reppe en se bouchant le nez avec la main pour éviter les odeurs nauséabondes provoquées par la macération des posidonies, de la vase, des algues, et approuvant la banderole des riverains « ça pue ». Les riverains sont excédés par la réaction négative des responsables et décideurs, qui estiment que les travaux sont à la charge des propriétaires. Pourtant, les causes sont connues et reconnues : l’esplanade et la digue, ouvrages créés contre nature et sans concertation aucune, ont complètement modifié les marées, brisé la houle et permis l’entrée sans retour des vagues.
À l’époque de l’occupation, l’armée avait creusé une large tranchée anti-débarquement le long de la route en bordure de l’Avenue d’Estienne d’Orves. En ce temps là, les vagues venaient se briser sur le rivage, et même par temps mauvais, les « largades » s’éclataient directement sur la route et projetaient des éclaboussures vers le parc La Reppe. Depuis l’apport pour comblement de tonnes et de tonnes de tous ces matériaux (déchets, tout venant, gravats incontrôlés), les vagues n’ont plus le pouvoir de ramener au large de l’embouchure algues et détritus. Ces derniers se décomposent dans le lit de la Reppe, pour donner par rétention un envasement en fond de biseau d’épaisseur croissante. Tout ceci fermente et donne cette puanteur pestilentielle, fétide, olfactive.
À une trentaine de mètres de La Frégate, que la mer venait jadis chatouiller, se trouvait un haut plongeoir d’où, vu le niveau de l’eau de mer, on pouvait encore sauter dans les belles profondeurs. Actuellement, le niveau (rivage) de la mer se situe à une distance d’environ 120 mètres du pont et de la digue. Les vagues viennent s’écraser contre la digue, pour mourir et déposer le sable, qui va s’enliser et faire disparaître complètement cette jolie plage, déjà ensablée sur une largeur de 30 à 70 mètres de plus que son rivage naturel.
La rivière le grand Vallat, à l’entrée de Bandol, n’a pas été perturbée. Son embouchure est ouverte naturellement sans entrave ni obstacle vers la mer et ne rencontre donc pas le même problème que la Reppe.
Pas de cause, pas d’effet.
René ANDREONI, Riverain de la Reppe.