« Cette modification concerne la création maîtrisée de logements pour les actifs de Sanary et d’autre part, le développement touristique en renforçant la capacité hôtelière ».
Cette présentation appelle deux commentaires :
D’une part, l’adverbe « maîtrisée » : pour la création de logements sociaux, il est vrai que la volonté de la municipalité est tellement « maîtrisée » qu’on a plus vite fait de faire le calcul de l’existant que du manquant. Rappelons ici au passage que les contribuables versent chaque année la modique somme de 250 000 € au titre des pénalités prévues par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains).
Deuxième commentaire : « pour les actifs de Sanary » Ouf ! On évite l’écueil des pauvres méritants et nécessiteux ! Mais une question reste en suspend : que faire des inactifs, chômeurs ou retraités ? La question sera peut être abordée lors d’une énième modification du document d’urbanisme…
Les documents mis à disposition du public laissent entrevoir un projet de création de logements sociaux à l’étage de la caserne des pompiers : c’est-à-dire que nos actifs Sanaryens devront retrouver le sommeil si une intervention se produit dans la nuit. Pas question de dire à son patron : « Chef, j’ai pas dormi de la nuit, je demande le droit de faire une sieste… ».
C’est récurent : quand on n’a pas envie de faire des logements sociaux, on les fait de travers. Après la disparition probable du commissariat et de la poste, voici les pompiers logés en dessous des logements sociaux. Gageons que ce ne soit pas une façon pour notre maire et ancien vice-président du Conseil général de faire un pied de nez aux autorités départementales dont dépendent les pompiers.
Le deuxième grand chapitre abordé par cette modification est celui du renforcement de la capacité hôtelière :
Les zones UDh, destinées à accueillir des établissements hôteliers au nombre de 5, viennent de s’enrichir d’un nouveau site : les Chardons. Soit un total de 8,9 ha (l’hôtel prévu au Casino n’est pas compté). Par ailleurs, le COS (Coefficient d’Occupation des Sol), prévu initialement à 0.4, passe à 0.5. Soit environ 4,5 ha de surface constructible. Comptez en moyenne 45 m² par chambre, y compris les parties communes de l’hôtel. Soit une réservation foncière prévue pour construire 1 000 chambres. Comptez en moyenne 1 500 personnes. En dehors des questions de commercialisation et de remplissage, les réseaux routiers, de distribution d’eau et d’assainissement sont-t-ils suffisants? Qu’en est il de la station d’épuration ?
Par ailleurs, l’objectif du PLU était de préserver les derniers espaces boisés classés autour de la pointe de la Cride. Ces projets sont en majorité prévus à cet endroit, pour certains dans des zones boisées ayant déjà été déclassées (camping CCAS) et dans une zone dite « proche du rivage » chère à la loi littoral. Or, cette zone n’admet pas de surdensification de l’urbanisation… Cette modification propose en fait d’accentuer la dénaturation du quartier de la Cride en autorisant, dans un secteur pavillonnaire (COS à 0,20), d’importantes réalisations d’immeubles collectifs dont la densité, se renforçant, devient nettement supérieure à l’environnant.
N’hésitez pas à aller consigner vos remarques sur le cahier des observations disponible en mairie (heures d’ouverture des bureaux) à la salle des mariages. Votre avis est précieux.
Si l’actuelle modification ne propose pas de réduire les zones agricoles (A), naturelles (N) ou des Espaces Boisés Classés (EBC), rassurez vous, une autre procédure de révision du PLU est actuellement en cours…